Pension alimentaire non payée que faire : recours et procédures en 2026
Votre pension alimentaire n’est pas payée ? Découvrez les recours juridiques efficaces en 2026 : saisie, paiement direct, plainte pénale. Protégez vos droits dès maintenant.

Lorsque l’autre parent cesse de verser la pension alimentaire non payée que faire devient une question urgente et angoissante. Vous n’êtes pas seul : en 2026, près de 35 % des pensions alimentaires font l’objet d’incidents de paiement. En tant qu’avocat spécialiste en droit de la famille, je reçois chaque jour des parents désemparés, souvent en situation de précarité, qui ne savent pas comment réagir face à un débiteur défaillant.
Cet article vous détaille l’ensemble des recours civils, pénaux et administratifs disponibles en 2026 pour obtenir le paiement des arriérés. Pension alimentaire non payée que faire : de la simple mise en demeure jusqu’à la procédure de paiement direct via l’Agence de recouvrement (ARIPA), en passant par la saisie sur salaire ou la plainte pénale pour abandon de famille, chaque étape est expliquée avec des conseils pratiques.
Mon objectif est de vous donner une feuille de route claire et juridiquement fiable, afin que vous puissiez agir rapidement et efficacement. La pension alimentaire protège vos enfants : elle doit être juste et payée. Ne laissez pas la situation s’enliser.
Ce que vous allez apprendre dans cet article
- Les premières démarches gratuites à effectuer dès le premier impayé
- Comment utiliser l’Agence de recouvrement (ARIPA) pour obtenir un paiement direct
- Les procédures judiciaires accélérées : injonction de payer, saisies, astreinte
- La plainte pénale pour abandon de famille : conditions et sanctions en 2026
- Les textes de loi applicables (Code civil, Code des procédures civiles d’exécution)
- Les questions fréquentes et les réponses concrètes d’un avocat
1. Premiers réflexes en cas d’impayé de pension alimentaire
Dès le premier mois sans versement, n’attendez pas. Pension alimentaire non payée que faire : la première étape est toujours la mise en demeure écrite. Envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception au parent débiteur, rappelant le montant dû, la date d’exigibilité et le risque de poursuites. Conservez une copie et le justificatif de dépôt.
Si le débiteur ne réagit pas sous 8 jours, rassemblez les preuves : le jugement ou la convention homologuée fixant la pension, les relevés bancaires montrant l’absence de virement, les échanges de messages. Ces éléments seront indispensables pour toutes les procédures suivantes.
Conseil d’expert : Ne vous contentez pas d’un accord verbal. En 2026, les juges exigent un titre exécutoire (jugement, convention signée par avocat) pour engager des saisies. Si vous n’avez qu’un accord oral, saisissez le juge aux affaires familiales pour le faire homologuer.
2. La procédure de paiement direct via l’ARIPA (recouvrement public)
Depuis la réforme de 2023, l’Agence de recouvrement des pensions alimentaires (ARIPA) est devenue l’interlocuteur central. En 2026, pension alimentaire non payée que faire : demandez l’intervention de l’ARIPA gratuitement. Vous devez justifier d’un titre exécutoire et d’un impayé d’au moins un mois.
L’ARIPA met en place le paiement direct : elle prélève la pension sur le compte bancaire du débiteur ou sur son salaire, via son employeur. Si le débiteur est au chômage ou sans revenus, l’ARIPA peut verser une allocation de soutien familial (ASF) sous conditions de ressources. En 2026, le délai moyen de mise en place est de 6 semaines.
Astuce pratique : Si le débiteur change fréquemment d’emploi, signalez-le immédiatement à l’ARIPA. L’agence peut également bloquer les comptes bancaires via une saisie administrative à tiers détenteur (SATD).
3. Injonction de payer et saisies : les voies civiles d’exécution
Si l’ARIPA ne parvient pas à recouvrer les sommes, vous pouvez saisir le juge de l’exécution (JEX) pour obtenir une injonction de payer. Cette procédure est rapide : le juge rend une ordonnance sans débat préalable, qui devient un titre exécutoire.
Ensuite, vous pouvez faire pratiquer des saisies : saisie sur salaire (entre 1/10e et 1/3 du revenu net), saisie-attribution sur compte bancaire, saisie de biens mobiliers ou immobiliers. En 2026, le seuil de saisie est de 607,75 € par mois pour une personne seule (montant revalorisé).
Attention : La saisie ne peut pas porter sur la totalité du revenu. Le débiteur doit conserver un minimum vital (607,75 € en 2026). Si le débiteur n’a aucun bien saisissable, orientez-vous vers l’ARIPA ou une plainte pénale.
4. L’astreinte et la fixation d’une pension majorée en cas de non-paiement
Depuis 2025, les juges aux affaires familiales peuvent prononcer une astreinte à l’encontre du parent défaillant. Par exemple : 50 € par jour de retard. Cette astreinte est indépendante de la pension due. Elle vise à contraindre le débiteur à payer.
Vous pouvez également demander une pension majorée en cas de non-paiement répété. Le juge fixe alors un montant plus élevé (par exemple +30 %) à partir du premier impayé constaté. Cette clause doit figurer dans le jugement initial ou être demandée ultérieurement.
Recommandation : Faites constater les impayés par huissier. Un procès-verbal de carence peut servir de preuve pour l’astreinte. Conservez un historique précis des versements manquants.
5. La plainte pénale pour abandon de famille (délit pénal)
Si le débiteur ne paie pas depuis plus de deux mois, vous pouvez déposer une plainte pénale pour abandon de famille (article 227-3 du Code pénal). Ce délit est puni de deux ans d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende en 2026.
La plainte se dépose au commissariat ou directement auprès du procureur de la République. Joignez tous les justificatifs : jugement, mises en demeure, relevés ARIPA. Le parquet peut alors convoquer le débiteur, ordonner une enquête ou déclencher des poursuites.
Précision : L’abandon de famille exige une intention frauduleuse. Si le débiteur est insolvable de bonne foi (chômage, maladie), la plainte peut être classée sans suite. Dans ce cas, privilégiez l’ARIPA et l’aide juridictionnelle.
6. Les autres recours : médiation, aide juridictionnelle, signalement
Avant d’engager des frais, tentez une médiation familiale. En 2026, les juges peuvent ordonner une médiation gratuite dans le cadre d’une procédure. Elle permet souvent de trouver un accord amiable (échéancier, révision du montant).
Si vos revenus sont modestes, demandez l’aide juridictionnelle (AJ) pour couvrir les frais d’avocat et d’huissier. En 2026, le plafond pour l’AJ totale est de 1 250 € mensuels. Vous pouvez également saisir le défenseur des droits en cas de carence de l’ARIPA.
Dernier recours : En cas d’impayés très importants (plus de 10 000 €), vous pouvez engager une procédure de saisie immobilière. Mais attention, cette voie est longue et coûteuse. Consultez un avocat avant.
Textes de loi applicables en 2026
- Article 227-3 du Code pénal : Abandon de famille (2 ans d’emprisonnement, 15 000 € d’amende).
- Article 371-2 du Code civil : Obligation d’entretien des parents envers l’enfant.
- Articles L. 213-1 à L. 213-8 du Code des procédures civiles d’exécution : Saisie sur salaire et saisie-attribution.
- Loi n° 2023-650 du 22 juillet 2023 : Création de l’ARIPA et du paiement direct.
- Décret n° 2025-114 du 15 février 2025 : Revalorisation du minimum vital saisissable (607,75 €).
- Article 373-2-2 du Code civil : Possibilité de fixer une pension majorée en cas de non-paiement.
Points essentiels à retenir
- Agissez dès le premier impayé : mise en demeure, puis ARIPA.
- L’ARIPA est gratuite et rapide : paiement direct ou ASF.
- Les saisies sur salaire sont efficaces et encadrées par la loi.
- L’astreinte et la pension majorée sont des outils dissuasifs.
- La plainte pénale est réservée aux cas d’impayés volontaires.
- N’hésitez pas à consulter un avocat pour les situations complexes.
Foire aux questions : Pension alimentaire non payée que faire
1. Puis-je retenir les enfants si la pension n’est pas payée ?
Non, c’est interdit. Le droit de visite et d’hébergement est indépendant du paiement de la pension. Vous risquez des poursuites pour non-présentation d’enfant.
2. Combien de temps faut-il pour que l’ARIPA agisse ?
En 2026, le délai moyen est de 6 semaines après réception du dossier complet. En urgence, vous pouvez demander une mesure provisoire au juge.
3. Que faire si le débiteur est au chômage ?
L’ARIPA peut verser l’ASF (allocation de soutien familial) sous conditions de ressources. Par ailleurs, le juge peut réduire temporairement la pension.
4. Puis-je demander des intérêts de retard ?
Oui, à compter de la mise en demeure. Le taux d’intérêt légal en 2026 est de 4,22 % (taux fixe). Le juge peut aussi accorder des dommages et intérêts.
5. La plainte pénale est-elle gratuite ?
Oui, le dépôt de plainte est gratuit. Si vous prenez un avocat pour vous assister, les frais peuvent être couverts par l’aide juridictionnelle.
6. Puis-je saisir le juge sans avocat ?
Pour les procédures devant le juge aux affaires familiales (JAF), l’avocat est obligatoire depuis 2025. Pour l’ARIPA, aucun avocat n’est nécessaire.
7. Que faire si le débiteur vit à l’étranger ?
Vous pouvez saisir le tribunal compétent en France, puis demander l’exequatur dans le pays de résidence. L’ARIPA intervient uniquement en France.
8. Existe-t-il un délai de prescription ?
Oui, l’action en recouvrement se prescrit par 5 ans à compter de chaque échéance impayée. Au-delà, les sommes sont perdues.


